Contrairement à ce que déclara un jour Gainsbourg, la chanson n'est pas un art mineur. Bien au contraire ; elle serait plutôt un art essentiel, un "art premier", si l'on s'en tient à sa durée de vie et à sa portée de pénétration dans les différentes couches sociales, de tous âges. Aucun autre art ne possède une telle force de diffusion.
 Une chanson touche tout le monde, et ce, quels que soient les pays et les continents. Le pouvoir d'une chanson est démultiplié par son inégalable don d'ubiquuïté ; car une chanson peut être partout à la fois, au même moment, écoutée simultanément par une multitude d'auditeurs très différents les uns des autres, et en divers endroits du monde.

Une partie du pouvoir de la chanson tient aussi sans doute à la légèreté dont on l'affuble (l'accable !) souvent, mais qui lui permet justement d'être accessible et compréhensible par le plus grand nombre, jouant là un rôle on ne peux plus sérieux lorsqu'elle se mêle de politique et devient porteuse de messages.
La chanson politique fait non seulement partie de l'histoire mais elle a une histoire, "son histoire" qui remonte plus ou moins loin dans le temps et que l'on peut codifier, répertorier, pays par pays, époque après époque. Elle a ses créateurs, ses auteurs, ses compositeurs, connus ou anonymes et bien sûr différents interprètes.
Depuis "Les Canuts", chanson écriteen 1894 sur l'insurrection lyonnaise de novembre 1831, à "La chanson de Craonne" rédigée par un anonyme en 1917, en passant par les chansons populaires italiennes du 19è et du 20è siècle, toute l'histoire des mobilisations est inscrite en filigrane. Une chanson est un petit morceau d'éternité, un moment de vie figé à jamais entre des couplets et une mélodie, et il arrive parfois qu'elle raconte, ce que même les livres d'histoire n'ont pas consigné. Une chanson, c'est à la fois un instant fugace, suspendu dans le temps, et le résumé d'un véritable mouvement social et politique.

Si la chanson est souvent taxée de légèreté, elle peut, malgré son insignifiance apparente, s'avérer étonnamment subversive pour les gouvernements en place et représenter pour eux un véritable brûlot, une arme pacifique redoutable. En temps de guerre combien de chansons furent interdites sur les ondes pour ne pas créer de polémique et éviter de réveiller la conscience des peuples ? 

Depuis toujours et surtout depuis l'avènement  de l'ère industrielle, les chansons de protestation, de contestation, de révolte accompagnent les mouvements sociaux et politiques, parfois les précèdent et même les initient. Les manifestations d'action collective s'accompagnent de chants adaptés aux différentes revendications. C'est un vecteur de solidarité essentiel pour renforcer la volonté individuelle et dynamiser les groupes qui fondent chaque mouvement de lutte.

 Extraits du "Dictionnaire des chansons politiques et engagées"

par Christiane Passevant et Larry Portis

Edition Scali 2008


 octobre Aix la chap1  




Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires



Notre but est de mettre en valeur un répertoire porteur d'idées humanistes et progressistes, à travers des chants engagés du passé et du présent.
Des chants de luttes, révolutionnaires, de liberté, féministes, antimilitaristes, antiracistes, anticapitalistes,  anticléricaux, communards, ouvriers,  pour la paix dans le monde... mais aussi pour la guerre sociale, tels que :


Les canuts  
Le Grand Métingue du Métropolitain
Le chant des ouvriers
Le temps des cerises
La java des bons enfants
La java des bombes atomiques
La semaine sanglante
La danse des bombes
La butte rouge
La chanson de Craonne
Quand un soldat
La berceuse du dormant
La vie s'écoule, la vie s'enfuit
Le triomphe de l'anarchie
L'internationale


Et des plus actuelles :
L'intermittente (Bifluorée sur l'air de la Varsovienne)
A force (François Béranger)
L'anti pub (sur l'air de la Guerre - La tordue)
Ch'Pitchet (sur l'air de l'Estaca)
La guerre (La Tordue)
Sans la nommer (Moustaki)
Ya Basta
La java libérale
Joli service (par la choralternative de Rouen)
Y en a qui (Yves Jamait)
Hécatombe, La mauvaise réputation (Brassens)
La balade des gens nés qq part (Brassens, arrangement de Simon Postel)
Ne me demandez pas (sur l'air des "archers du roi")

 

des internationales :
Juillet 1936
Ay Carmela
Bandiera Rosa
Bella Ciao
La lega
La cucaracha
We shall not be moved
Mali Ô, Flow
Djurdjevdan (chant tsigane)
Hegoak
L'hymne zapatiste
El pueblo unido

Féministes
L'hymne des femmes
Demande aux femmes
Non tu n'as pas de nom
La grève des mères (1905)
La fiancée de l'eau
Les filles de joie (Brassens)                                                 

 


Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

Présentation

  • : Bande à Rosa
  • Bande à Rosa
  • : La bande à Rosa est une chorale de chants de lutte crée sur Amiens en 2003 afin de faire vivre, ou revivre, des chants politiques et engagés.
  • : Politique
  • Retour à la page d'accueil
  • : 08/05/2008

Où et quand on répète ?

Pour 2014 les prochaines répétitions auront lieu à la Briqueterie http://la.briqueterie.over-blog.org/  (batiment en brique qui se trouve au croisement des rues Lescouvé, Gaston Moutardier, Chabannes et Philippe Lebon,   du côté de l'avenue Foy

 

En avril : les vendredis 4 et 11

En mai : les 9, 16 et 23

En juin : le 6

aux alentours de 20h30

C'est qui rosa ?  

Rosa Luxemburg est une théoricienne et une révolutionnaire née en 1871 en Pologne alors sous domination russe. Rosa vit à Varsovie puis à Zurich. Elle travaille à un doctorat d'économie politique. Elle cofonde le parti social démocratique polonais et milite pour une unité d'action des travailleurs polonais avec leurs camarades russes pour renverser le tsarisme.

En 1883 elle est déléguée de la Pologne au IIIè congrès de l'IS, n'hésitant pas à s'y opposer à Engels sur la question de l'indépendance de son pays à laquelle elle préfère l'autonomie. Rosa prend en 1898 la nationalité allemande, adhère au SPD, anime l'aile gauche avec Liebknecht et marque son désaccord avec Lénine sur l'organisation du parti. Elle défend l'idée de la grève de masse comme principal moyen d'action révolutionnaire. En 1905, elle est arrêtée une première fois pour son soutien à la révolution russe en Pologne et rédige en prison "grève de masse, parti et syndicats". En 1914, la guerre éclate, soutenue par le SPD. Mais Rosa pacifiste s'oppose à cette guerre et est à nouveau emprisonnée. Suite à une crise au SPD, en 1916 Rosa crée avec Liebknecht le parti Spartakus, parti communiste allemand résolumment révolutionnaire et pacifiste. A nouveau emprisonnée elle écrit sous le pseudonyme de Junius les bases du programme spartakiste.

Elle est arrêtée suite à l'insurrection spartakiste à Berlin et exécutée en 1919 en même temps que Liebknecht.

 Mais comme le disait une copine l'autre jour "Rosa c'est aussi le prénom d'une autre militante"  : Rosa Parks, une  noire amércaine qui est devenue une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale.  Couturière de 50 ans, elle a refusé en décembre 1955 de céder sa place à un blanc dans un bus. Arrêtée par la police, elle s'est vu infliger une amende de 15 dollars  ; elle a fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu de 26 ans, Martin Luther King,  a alors lancé une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la cour suprème cassait les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant anticonstitutionnelles.     Sûrement d'autres rosas ont lutté... 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus