La chanson de Craonne

                                                         

                               LA CHANSON DE CRAONNE


                                                                                                                                        1917
                                                                                                                                         Paroles : Anonyme,  
                                                                                                                                         Sur un air d' Adelmar Sablon


C'est sans doute la plus célèbre des chansons de révolte contre la Première Guerre Mondiale et elles sont nombreuses à exprimer l'horreur de la grande boucherie. La chanson des sacrifiés, "la chanson de Craonne", bien qu'interdite (une prime est même offerte pour en identifier les auteurs) est chantée dans tous les régiments sur l'air de "Bonsoir Mamour", composée avant guerre  par Adelmar Sablon.
Tout en dénonçant la guerre, "la chanson de Craonne" accuse non seulement l'incompétence meurtrière des généraux, celle du général Nivelle et de son offensive meurtrière, mais il met aussi en cause  la responsabilité des profiteurs de guerre. Le plateau de Craonne est à jamais marqué par cet épisode sanglant de la guerre. Les mutineries du chemin des Dames en 1917 seront elles aussi longtemps occultées par l'histoire officielle.
(Extrait du Dictionnaire des chansons politiques et engageés de C Passevant et Larry Portis   Edition Scali 2008).



Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personne ne veut plus marcher
Et le coeur bien gros, comme dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompettte,
On s'en va là haut en baissant la tête.

REFRAIN

Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,      
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés.

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la relève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement  dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petit chasseurs vont chercher leurs tombes.

REFRAIN

C'est malheureux de 'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la même chose.
Au lieu de s' cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

REFRAIN

Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-là de votre peau !

Présentation

Où et quand on répète ?

Depuis la fermeture de la Briqueterie et en attendant de trouver un meilleur lieu, on chante les deuxièmes et quatrièmes vendredi de chaque mois, à Rivery.
On se retrouve vers 20h30 / 21h dans le préfa bibliothèque, près de la mairie.

Prochaines dates : les vendredis  11 et 25 septembre, 9 et 23 octobre, 13 et 27 novembre, 11 décembre 2009.

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